Editorial du journal SNFOLC

Editorial d’Edith Bouratchik, secrétaire générale du SNFOLC - Journal n° 417 - Janvier 2017

14 janvier 2017

samedi 14 janvier 2017

Des voeux revendicatifs


En ce début d’année, les raisons de se mobiliser ne manquent
pas et les revendications ne sont pas mises sous le mouchoir : réforme
du collège qui épuise les personnels, mise en place du livret
numérique, réforme des statuts particuliers de tous les corps, réforme de
l’évaluation, éducation prioritaire.
Vous le lirez dans ce journal, le SNFOLC et la FNEC FP-FO, ne baissent pas la garde.

Aussi, face à la mise en place de l’évaluation découlant de la transposition
de PPCR dans nos décrets de corps, FO a pris contact avec l’ensemble
des organisations syndicales.
Dès le début de la décision ministérielle d’imposer ce « protocole » minoritaire, FO a recherché l’unité sur la revendication pour engager le rapport de force. Nationalement, la CGT et SUD ont répondu positivement.
Vous lirez en pages centrales l’appel unitaire à manifester, à se rassembler le 1er février à 15 heures devant les rectorats, les inspections académiques, le ministère. Notre exigence est claire et nette : la ministre doit retirer son projet sur l’évaluation.

Ce ne sont pas les échéances électorales qui approchent qui guident notre action, mais le mandat que nous a confié notre congrès : agir en toute indépendance pour faire aboutir nos revendications.
Cette responsabilité nous l’avons mise en oeuvre en proposant aux collègues dans les collèges et les lycées des prises de position communes, des pétitions unitaires. Dans notre seul secteur, plus de 310 ont été réalisées, regroupant pour nombre d’entre elles des syndiqués de toutes organisations syndicales et des non syndiqués. Des milliers de signatures, des prises de position dans les heures d’information syndicales, dans les assemblées générales des personnels voilà ce que nous remettrons le 1er février à madame la Ministre. Nous exigeons qu’elle nous reçoive.

Quoi que l’on puisse penser de la notation actuelle, qui peut accepter que
sa note administrative et sa note pédagogique soient remises à zéro ?
Qui peut accepter de remettre à plat sa carrière à chaque rendez-vous de
carrière ? Car c’est de cela dont il s’agit.
Plus rien ne déterminerait la base sur laquelle une carrière se fait. Sauf
à considérer que la carrière se fait sous la pression, celle des entretiens
individuels, celle de la remise en cause perpétuelle de son travail et de
ses choix pédagogiques, celle du renoncement à la liberté pédagogique
individuelle. Les nombreux articles de presse parus dernièrement mettent
au grand jour le nombre croissant de démissions dans l’Education nationale
(lire page 7). Tout cela a un sens.
Dans le second degré, les concours ne font pas le plein et les stagiaires
sont considérés comme des étudiants contraints de faire sans cesse leurs
preuves. D’année en année, les professeurs, CPE ou COP fonctionnaires
stagiaires remerciés sont de plus en plus nombreux. Ils vont alors grossir
les rangs des contractuels. C’est ce même processus qui a été mis en
place à France Télécom, devenu Orange : 22 000 fonctionnaires ont
été remerciés, remplacés par des contractuels. Ils y sont désormais
plus nombreux que les titulaires ! Dans l’Education nationale, la ministre
est en train de réécrire la circulaire sur les contractuels (lire page 7) :
comme chez Orange et ailleurs dans le privé, leurs conditions de travail,
de rémunération, de recrutement seraient soumises à une précarité permanente.

La réforme de l’évaluation n’est qu’une étape dans cette entreprise de
destruction des droits des fonctionnaires d’Etat. Rappelons que la mise
en place des entretiens individuels a provoqué 38 suicides.
A FO, nous ne déplorons pas les conséquences des contre-réformes,
nous les combattons. Nous le disons haut et fort : les contre-réformes, ça
suffit ! L’heure est à la mobilisation.
C’est ce que les personnels expriment dans les établissements. C’est ce que
disent les salariés après les cinq mois de lutte contre la loi Travail. Dans
cette continuité, FO, CGT et SUD de la fonction publique hospitalière appellent à la grève et à la manifestation nationales le 7 mars. La mobilisation revendicative dérange certains, mais
le mandat de FO, quelles que soient les échéances, c’est de poursuivre la
mobilisation pour gagner. Rien n’est plus urgent.
Dans ce contexte, reprendre sa carte FO c’est montrer la résistance, la détermination, la poursuite de la construction
du rapport de force : agir ensemble pour gagner pour défendre
l’école publique, pour défendre nos statuts garants de la liberté pédagogique
et de l’instruction.

A toutes et tous, bonne année 2017 pour vous et vos proches.
A toutes et tous, FO vous souhaite une bonne année revendicative.

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