Contre la militarisation de l’Ecole – Contre la guerre
CONTRE LA MARCHE À LA GUERRE, LA MILITARISATION DE L’ÉCOLE ET L’EMBRIGADEMENT DE LA JEUNESSE (extrait de la résolution générale du XXXIIIe congrès du SNFOLC – Décembre 2025)
Depuis le 32ème congrès réuni à Angers en juin 2023, la marche à la guerre au plan mondial n’a cessé de s’accélérer et de s’aggraver, avec en particulier, la guerre russo-ukrainienne depuis février 2022 et avec la guerre génocidaire menée par l’État israélien, avec la complicité des États occidentaux fournisseurs d’armes, contre le peuple palestinien à Gaza et en Cisjordanie depuis octobre 2023. Cette marche à la guerre continue avec, notamment, en cette fin d’année 2025, les développements récents dans la guerre au Soudan, ou encore les menaces d’intervention militaire des États-Unis contre le Venezuela…
Dans ces conditions, le congrès considère que la déclaration du congrès de fondation de la cgt-FO, en avril 1948, affirmant que « le syndicalisme a pour devoir de se consacrer à la sauvegarde de la paix », de même que la devise « Pain, paix, liberté » réaffirmée par la Confédération dans ses résolutions et communiqués, sont plus que jamais d’actualité.
Avec sa fédération et sa confédération, le congrès réaffirme sa solidarité envers les travailleurs et les travailleuses en Ukraine, comme en Russie, en Palestine comme en Israël, et partout dans le monde et continue d’appeler à un cessez-le-feu immédiat et à l’arrêt des livraisons d’armes.
Dans ce cadre, le congrès appelle l’ensemble des instances du syndicat à poursuivre à tous les niveaux les actions et initiatives pour l’arrêt du génocide du peuple palestinien et toute initiative en défense de la paix et pour que « les droits des peuples soient rétablis et respectés » (résolution générale du congrès confédéral de juin 2022).
À ce titre, le SNFOLC se félicite et s’inscrit pleinement dans les actions menées par la fédération pour « renforcer les relations avec d’autres organisations syndicales au plan international, dans la continuité du dernier congrès mondial de l’IE (Internationale de l’Éducation) et du meeting international contre la guerre ».
Au plan national, le congrès dénonce l’escalade guerrière dans laquelle le président Macron, ses ministres et l’état-major des armées sont en train de chercher à entraîner le pays, en lien avec le plan de réarmement adopté le 23 octobre 2025 par les 27 pays membres de l’Union européenne en vue d’un conflit de haute intensité avec la Russie « à l’horizon 2030 ».
Les discours et annonces va-t’en guerre de la part du pouvoir exécutif, des autorités militaires et de leurs relais dans les médias ne cessent de s’enchaîner. Ainsi, le général Mandon, chef d’état-major des armées, a déclaré devant les congrès de l’Association des maires de France, le 18 novembre 2025, que nous devrions nous préparer à « accepter de perdre (nos) enfants » et à « souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense par exemple ».
Pour faire taire toute revendication, la ministre des armées Catherine Vautrin s’est empressée d’indiquer le 20 novembre qu’il n’y a « pas de place pour la polémique ».
Le congrès considère que, dans le combat contre la marche à la guerre, le syndicat occupe une place spécifique. En mettant au centre de son activité le combat pour les revendications, en cherchant à imposer l’abrogation de la réforme des retraites, le retrait du PLFSS et du PLF, le retrait de toutes les contre-réformes de l’Education nationale, il combat concrètement contre le gouvernement fauteur de guerre et l’explosion des budgets de l’armement.
Le président Macron a annoncé, le 23 novembre 2025, la création d’un « service militaire rénové » chaque été dès 2026 visant à recruter 50 000 jeunes « volontaires » entre 18 et 19 ans à l’horizon 2035, alors que, tous les ans, des dizaines de milliers de jeunes se voient recalés par les plateformes Parcoursup et MonMaster.
Dans cette logique, et en application des préconisations de la Revue nationale stratégique 2025 (document définissant les orientations de défense et de sécurité de la France), recommandant « d’acculturer près de dix millions de jeunes de 13 à 25 ans aux enjeux de défense et de sécurité nationale », l’École et ses personnels sont directement mis à contribution dans la préparation de la jeunesse à la guerre.
Si le gouvernement Lecornu a renoncé à mettre en œuvre le service national universel (SNU) dont FO a toujours revendiqué l’abandon, à compter de janvier 2026, les « classes défense et sécurité globales », créées en 2005, aujourd’hui encadrées par la circulaire ministérielle n°2016-176 du 22 novembre 2016 et parrainées par des unités militaires ou de la sécurité civile, se multiplient sur tout le territoire, allant jusqu’à s’implanter dans l’enseignement primaire. Le ministère des armées en comptait 958 en France métropolitaine au premier trimestre 2025, auxquelles s’ajoutent 100 classes défense en Outre-mer et 6 à l’étranger (réseau AEFE). S’y ajoutent d’autres dispositifs comme les classes et établissements « engagés », les rallyes citoyens, les sorties scolaires dans des manifestations visant à promouvoir l’engagement dans l’armée comme les salons de la défense etc.
Dans le même temps, les personnels sont de plus en plus appelés à participer à des sessions de formation organisées par les trinômes académiques (associant les autorités de l’Éducation nationale et les autorités militaires territoriales) et portant sur l’« Éducation à la défense ».
Pour le congrès, la place des élèves est à l’école ! Ni chair à canon, ni chair à patron !
De même, le rôle de l’école et de ses personnels n’est pas de préparer ni d’enrôler les enfants, les jeunes pour la guerre ! Le congrès, avec sa fédération, s’oppose à tous les dispositifs de militarisation de l’École et d’embrigadement de la jeunesse, ainsi qu’à la diffusion de guides et de propagandes guerrières !
Le congrès s’oppose à toute intervention de militaires ou de représentants des forces de l’ordre en armes, à des fins d’embrigadement, au sein des établissements scolaires, et appelle l’ensemble des instances du syndicat à prendre toutes les dispositions et initiatives, à tous les niveaux, pour exiger :
– Abandon des dispositifs d’embrigadement et de militarisation de la jeunesse comme les « classes défense », les « classes engagées », les rallyes citoyens etc. ;
– Abandon des mesures de répression contre les lycéennes et les lycéens se mobilisant contre la marche à la guerre, contre le génocide des Palestiniens et en défense de la paix ;
– Transfert de tous les moyens financiers gouvernementaux mis dans les classes défense dans le budget de l’Education nationale pour être mis au service de l’instruction et pas de la guerre.
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