De l’argent pour l’instruction, pas pour les porte-avions !

« On est d’accord sur le fait qu’on préfèrerait que l’argent aille à l’École » déclaraient les représentants du ministère de l’Éducation nationale à la délégation de la FNEC FP-FO venue leur demander, le 6 mai, de retirer le guide « acculturer les jeunes à la défense » et d’abandonner les dispositifs d’embrigadement des élèves du type « classes défense » etc.

Dont acte. Mais alors, si jusqu’au ministère, on préfèrerait que « l’argent aille à l’École », qu’est ce qui empêche de le faire ?

Dans sa lettre du 20 avril, le ministre de l’Action et des comptes publics, David Amiel, annonçait que « La préparation du projet de loi de finances pour 2027 » devrait concilier la « priorité » que constitue « l’effort engagé (…) en faveur de la défense » et qui « a vocation à être poursuivi et amplifié », « avec la nécessaire maîtrise des comptes publics (ce qui) impose des choix : les budgets ministériels hors mission « défense » devront globalement être en diminution, en valeur, par rapport à la loi de finances initiale pour 2026 ».

Le 21 avril 2026, le Premier ministre Lecornu ordonnait, pour sa part, le gel de 6 milliards d’euros supplémentaires de dépenses publiques (4 milliards à l’État et 2 milliards à la Sécurité sociale) en lien avec les « répercussions immédiates sur notre pays » de la guerre au Proche Orient. Puis quelques semaines plus tard, le 19 mai, il expliquait que « L’activité de nos forces armées sur l’ensemble de la zone, inévitablement, crée des dépenses, des impacts sur les finances publiques (…). C’est une guerre, et (…) les 6 milliards d’euros que nous avons documentés devront être remis à jour, évidemment, dans les temps qui viendront ».

Ce même jour, l’Assemblée nationale adoptait par 440 voix pour et 122 contre l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030 ajoutant 36 milliards d’euros aux 413 milliards initialement prévus pour les dépenses d’armement. D’ores et déjà, les crédits consacrés à la mission défense dépassent largement le budget de l’Éducation nationale avec 68,4 milliards d’euros contre 63,02 milliards.

Dans ces conditions, il est clair que, de même qu’on ne peut pas avoir à la fois « de l’argent pour l’hôpital ET pour les Rafales », on ne peut pas avoir « de l’argent pour l’instruction ET pour les porte-avions ». Les conséquences de cette situation se déclinent sur plusieurs plans.

Sur le plan salarial d’abord, le ministre de l’économie et des finances, Roland Lescure annonce une inflation autour de 2,2 % pour l’année 2026, ce qui entraîne une revalorisation légale du SMIC de +2,4 % au premier juin.

Pour les personnels de l’Éducation nationale, comme pour l’ensemble des fonctionnaires, cela signifie que, du fait du gel du point d’indice, le pouvoir d’achat va continuer à s’effondrer. Ainsi, dans leur lettre adressée au Premier ministre le 18 mai, les fédérations de la Fonction publique signalent-elles que « plus de 700 000 (agents), seront une nouvelle fois rattrapé.es par le minimum légal et se verront privé.es de perspectives d’évolution de carrière. ». À l’heure où l’augmentation des prix du carburant étrangle l’ensemble des salariés, cela se traduit par des centaines d’euros perdus chaque mois sur les fiches de paie (des milliers par an).

Sur le plan des moyens ensuite, plutôt que de chercher les crédits nécessaires, le ministre Geffray, non content de supprimer 4 000 postes à la rentrée 2026, préfère répondre aux préconisations de la Cour des comptes sur la révision de la carte des collèges et expérimenter dans 18 départements un « changement de méthode » pour l’élaboration de la carte scolaire consistant, au prétexte de « (partir) du terrain et des réalités démographiques et géographiques de chaque territoire », à associer les syndicats aux collectivités et aux autorités locales de l’Éducation nationale pour décider quels postes supprimer, quelles classes et établissements fermer au nom de la baisse démographique.

Pendant ce temps, les dispositifs pour militariser l’École et embrigader la jeunesse ne manquent pas de moyens et continuent à se multiplier.

Face à cette situation, les personnels, les parents, les jeunes n’acceptent pas. Ils organisent la résistance et opposent leurs revendications ! Comme les collègues du collège Jean Lolive de Pantin, avec leurs représentants SNFOLC, CGT, SNES, SUD et CNT, ils disent : « Nous n’acculturerons pas nos élèves aux enjeux de la défense (en vue) d’un réarmement moral de la population (…). (…) Nous voulons enseigner. Nous voulons des heures pour nos disciplines. Nous voulons que le nombre d’élèves par classe soit limité. Nous voulons une revalorisation de nos salaires, un vrai statut pour les AESH et les AED ».

Ils ont raison ! Le SNFOLC est avec eux, car décidément oui, il faut que l’argent aille aux salaires, à l’École, à l’instruction, pas à la guerre, pas aux porte-avions !

NON à la fermeture des établissements ! NON au travail en distanciel ! STOP à l’escalade répressive et liberticide ! Avec les lycéens et les étudiants, défendons nos revendications !

Jeudi 1er octobre, alors que depuis près de deux semaines, le gouvernement répond aux mobilisations des lycéens par une répression d’une violence inouïe, le ministre Geffray a pris prétexte des « violences commises aux abords des lycées » pour demander que « les cours...

1 588 nouvelles suppressions de postes dans le projet Macron-Lecornu… En grève le 6 octobre, avec la jeunesse !

Aujourd’hui, la mobilisation des lycéennes et lycéens, rejoints par les étudiantes et étudiants, continue de s’étendre malgré une répression d’Etat sans précédent et des mesures liberticides comme l’interdiction de se rassembler devant les établissements, décidée par...

Appel de l’intersyndicale éducation : « Les revendications lycéennes sont légitimes, nous les soutenons, le gouvernement doit y répondre ! »

Les lycéennes et les lycéens se mobilisent depuis plusieurs jours contre leurs mauvaises conditions d’études : état du bâti, inégalités, sélection pour l’accès aux études supérieures, professeur·es non remplacé·es, emploi du temps intenables... Leurs revendications...

Mobilisations lycéennes : la FNEC FP-FO reçue au ministère

Jeudi 1er octobre, une délégation de la FNEC FP-FO a été reçue en urgence par le cabinet du ministre de l’Éducation nationale afin d’exprimer son soutien aux mobilisations et aux revendications des lycéens et de demander l’arrêt de la répression. Nous avons demandé...

LES LYCEENS SONT EN COLERE, ILS ONT RAISON Il faut abroger la réforme Blanquer du lycée et du baccalauréat et abandonner les budgets d’austérité !

Depuis quelques jours, la colère des lycéens s’exprime partout, et s’étend comme une traînée de poudre. Ils n’en peuvent plus des conditions dégradées dans lesquelles ils sont censés étudier : ils manquent de professeurs, les classes sont surchargées, dans certains...

Dès demain, aux côtés des lycéens ! En grève mardi 6 octobre !

A nouveau, ce mardi 1er octobre, encore plus nombreux que les jours précédents, les lycéennes et lycéens ont bloqué près de 400 établissements. Par dizaines de milliers, ils se sont mobilisés, ils ont manifesté pour exprimer leurs revendications légitimes : des...

Soutien total à l’Union Syndicale Lycéenne et à son président !

La FNEC FP-FO a pris connaissance du communiqué du Bureau national de l’Union Syndicale Lycéenne (USL) dénonçant la campagne de haine dont fait actuellement l’objet le président de cette organisation, Ryad Rani, sur les réseaux sociaux, à coups d’insultes racistes et...

VSS : la FNEC FP-FO alerte sur le projet de questionnaire

Le ministère de l’Education Nationale a annoncé que la lutte contre les violences sexuelles et sexistes (VSS) faites aux enfants était l’une de ses priorités, un objectif que nous partageons pleinement. Cette décision vient conforter la mission de protection de...

Les revendications des jeunes sont les nôtres ! La FNEC FP-FO ira au ministère jeudi pour exiger l’arrêt de la répression d’Etat

Les lycéens se mobilisent contre les mesures d’austérité qui dégradent l’Ecole publique et les conditions d’enseignement. Mardi, des milliers de lycéens étaient présents dans les manifestations aux côtés des personnels de l’Education nationale, des pompiers, des...

Autorisations d’absence, temps partiels thérapeutiques et arrêts maladie : CE QUI VA CHANGER

Au cours de l’été, le Ministère de la Fonction Publique a publié des décrets concernant la gestion des agents particulièrement en matière de santé et de congés. Le SF attire notamment l’attention des syndicats sur la transposition aux fonctionnaires des durées...