54 milliards d’euros de coupes budgétaires, c’est NON !
Après plusieurs semaines de conjectures diverses et variées distillées dans la presse nationale, le Premier ministre Lecornu a annoncé le 18 septembre, dans les colonnes du Figaro que le « projet de loi de Finances (2027) (…) contiendra un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros (…) », dans l’objectif de ramener le déficit public à 5 % du PIB.
La raison d’un tel effort ?
Le « contexte géopolitique qui pousse les taux d’intérêt à la hausse » et qui devrait alourdir de 10 milliards d’euros la charge de la dette.
54 milliards d’euros. La note est salée. Mais qui va la payer ?
Réponse du chef du gouvernement : l’effort portera exclusivement sur les dépenses publiques, « stabilité fiscale » oblige, mais pas sur TOUTES les dépenses. Ainsi annonce-t-il que « (L’État) contribuera en premier à l’effort », et que son budget « sera gelé en valeur l’an prochain », à l’exclusion de « la hausse de la charge de la dette et celle du budget des Armées », de sorte que « Le budget des Armées augmentera comme prévu de 6,4 milliards », tandis que « le point d’indice des fonctionnaires, (…) sera gelé, ce qui (…) permettra (…) de dégager 2 milliards d’euros ».
Pour enfoncer le clou sur la priorité donnée à l’économie d’armement sur tout le reste, le chef du gouvernement explique qu’« il faudra de plus en plus distinguer les dépenses civiles ordinaires, des investissements de défense, qui à certains égards sont « de la bonne dépense publique » ».
Pour les personnels de l’Éducation nationale, comme pour l’ensemble des fonctionnaires et des travailleurs, c’est donc l’austérité à tous les étages !
Ce n’est pourtant pas comme si l’heure était à l’opulence. Personne n’a oublié les conditions déplorables de la fin de l’année scolaire précédente avec des équipes éducatives et des élèves abandonnés face aux canicules, sans équipements pour se protéger, par un ministre répétant qu’il ne pouvait être « responsable de tout ». Et la rentrée s’est de nouveau menée dans des conditions désastreuses du fait des 4 000 suppressions de postes d’enseignement (dont 1 365 dans les collèges et lycées), tandis que le ministre multiplie les mesures alourdissant le travail des personnels tout en remettant en cause leurs missions et en poursuivant le démantèlement du cadre national de l’École : interdiction du téléphone portable en lycée, dispositif des 800 collèges « en progrès », expérimentation de l’élaboration « territorialisée » de la carte scolaire dans 18 département, militarisation avec la cérémonie du 11 novembre...
Résultat : les effets des décennies successives de contre-réformes démolissant l’École se font de plus en plus visibles, avec des milliers d’élèves sans affectations en seconde, près de 127 000 bacheliers et étudiants sans affectation dans le supérieur à cause de Parcoursup et Mon Master, des résultats PISA catastrophiques… Et comme si cela ne suffisait pas, un rapport du Sénat sur l’excellence des universités françaises préconise d’« ôter au baccalauréat sa qualité de premier grade universitaire et mettre fin au droit d’accès à l’enseignement supérieur des titulaires du baccalauréat ».
Et le gouvernement voudrait nous imposer ses 54 milliards de coupes budgétaires ? Qui pourrait l’accepter ?
Pas les personnels des collèges et lycées qui, après s’être mobilisés, avec les parents, jusqu’en juillet pour défendre les classes et les postes, ont repris les mobilisations, dès la rentrée, avec succès dans plusieurs cas. Pas les étudiants qui se sont rassemblés le 9 septembre devant le ministère de l’enseignement supérieur, et les lycéens qui se sont mobilisés les jours suivants, contre Parcoursup et Mon Master. Pas les pêcheurs qui ont commencé à bloquer les ports pour contrer la flambée des prix du carburant. Pas les pompiers qui ne décolèrent pas de cet été à affronter les feux, en Gironde et ailleurs, sans les canadairs, sans les équipements nécessaires, et dont 9 organisations syndicales appellent à la grève et à la manifestation nationale les 27, 28 et 29 septembre, jour d’appel à la grève dans la Fonction publique…
Ils ont raison !
Avec la FNEC FP-FO, le SNFOLC appuie à fond toutes les mobilisations en cours, il soutiendra et sera de toutes les mobilisations, le 29 septembre et après, pour mettre en échec le budget Macron-Lecornu et pour la satisfaction des revendications.
