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POUR UN SYNDICALISME INDÉPENDANT, FÉDÉRÉ ET CONFÉDÉRÉ (extrait de la résolution générale du XXXIIIe congrès du SNFOLC – Décembre 2025)
Le 33ème congrès du SNFOLC réuni à Angers les 17 et 18 décembre 2025 réaffirme son attachement au syndicalisme fédéré et confédéré, et inscrit ses revendications et mandats dans le cadre des résolutions du 20ème congrès de la FNEC FP-FO des 15, 16 et 19 décembre 2025.
De même, le congrès réaffirme son attachement à la Charte d’Amiens de 1906 qui pose les bases de l’indépendance syndicale vis-à-vis de l’État, de tout gouvernement, du patronat, des partis, des religions et groupes philosophiques, comme condition de la défense des intérêts matériels et moraux des salariés (cf document en annexe).
Le SNFOLC inscrit son action dans l’héritage du Manifeste des instituteurs syndicalistes de 1905 déclarant que « Ce n’est pas au nom du gouvernement, même républicain, ni même au nom du Peuple français que l’instituteur confère son enseignement : c’est au nom de la vérité » et que, dès lors, cet enseignement ne saurait « être soumis aux fluctuations d’une majorité ».
À ce titre, le congrès constate que le président Macron et ses gouvernements successifs, de plus en plus minoritaires et illégitimes, dans la continuité de leurs prédécesseurs, multiplient les dispositifs visant, selon la logique corporatiste d’association du Capital et du Travail, à intégrer les organisations syndicales à l’élaboration et la mise en œuvre de leurs politiques de guerre et d’austérité, comme le « conclave » sur les retraites du premier ministre Bayrou et la conférence sociale sur le travail et les retraites du premier ministre Lecornu.
Le congrès considère que FO n’a rien à faire dans ces pièges tendus aux syndicats, ni dans aucune forme d’union nationale avec les gouvernements quels qu’ils soient ou toute forme d’accompagnement des politiques gouvernementales, et se félicite que la Confédération ait décidé de claquer la porte du conclave Macron-Bayrou sur les retraites en février 2025, et souhaite qu’elle quitte la conférence sociale.
Cependant, le congrès ne confond pas l’indépendance avec une quelconque indifférence ou neutralité de principe vis-à-vis de la situation politique générale au plan national comme international.
Ainsi, s’il se refuse et continuera de se refuser à donner la moindre consigne de vote lors des échéances électorales, le SNFOLC considère, avec la cgt-FO, que « le syndicalisme ne saurait être indifférent à la forme de l’État parce qu’il ne saurait exister en dehors d’un régime démocratique » et reconnaît « au mouvement syndical le droit, lequel peut devenir un devoir, de réaliser des rapprochements ou des collaborations en vue d’une action déterminée lorsque la situation l’exige expressément » (préambule des statuts confédéraux).
Pour le congrès, dans une situation marquée par la marche à la guerre au plan international, et, par les politiques d’austérité, de casse sociale et de remise en cause de la démocratie, mises en œuvre par le président Macron et ses ministres au plan national, l’action syndicale indépendante suppose de ne pas séparer la défense des revendications de la défense de la paix et des libertés démocratiques sans lesquelles le syndicalisme indépendant ne pourrait exister. Le congrès affirme sur cette base qu’il convient de ne négliger aucune possibilité de rassembler et mobiliser le plus largement possible les travailleurs, actifs et retraités, et la jeunesse, dans l’unité avec les organisations syndicales.
Face à l’ampleur et à la violence des attaques dirigées contre les droits, les conditions de travail et d’existence des travailleurs et des travailleuses, le congrès appelle à rechercher l’action efficace et la construction du rapport de force pour gagner sur les revendications qui servent les intérêts « moraux et matériels, économiques et professionnels » des salariés. Un tel rapport de force ne peut se limiter à une journée d’action aussi réussie soit-elle.
Avec sa fédération et sa confédération, le congrès dénonce et condamne fermement toutes les mesures d’interdiction, de répression et les violences exercées par le gouvernement contre
l’action syndicale et revendicative, contre les militantes, les militants, les manifestantes, les manifestants et toutes celles et ceux qui résistent et refusent les mesures de guerre et d’austérité.
Il condamne toute remise en cause des libertés individuelles et collectives, à commencer par la liberté de manifester.
Le congrès dénonce aussi les opérations de fouilles des sacs à l’entrée des établissements en particulier à l’égard des élèves.
Ainsi, avec la FNEC FP-FO, le congrès condamne la mise en examen de la Secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui marque le franchissement d’un cran supplémentaire dans la répression de l’action syndicale et constitue une menace brandie à l’encontre de tous les travailleurs et toutes les travailleuses. Le congrès exige l’arrêt des poursuites contre la Secrétaire générale de la CGT mais aussi contre toutes les militantes et tous les militants syndicalistes qui sont inquiétés dans l’exercice de leur mandat.