Des classes, des profs, pas des ogives !
Le 28 février, la marche à la guerre au plan mondial connaissait une nouvelle accélération avec l’offensive militaire israélo-américaine contre l’Iran. Depuis le 5 mars, L’armée Israélienne bombarde également le sud du Liban.
Au plan international, comme au plan national, l’École, ses personnels et ses élèves paient lourdement les conséquences de cette situation.
Ainsi, ce 28 février, les premiers bombardements israélo-américains contre l’Iran, frappaient deux établissements scolaires, l’un d’eux causant plus de 150 morts dans une école de filles proche d’une base militaire, à Minab, au sud du pays (selon des sources iraniennes).
Dans son communiqué du 1er mars condamnant « les frappes militaires contre l’Iran », l’Internationale de l’Éducation précise à propos de ce massacre : « Les enfants, les enseignant·e·s et les écoles ne doivent jamais être des cibles militaires. Le meurtre d’élèves et de personnel éducatif et les blessures qui leur sont infligées constituent une violation intolérable des droits humains et une grave infraction au droit international humanitaire. ».
Ces destructions ne sont pas sans rappeler la méthode employée par l’État d’Israël dans le cadre du génocide des Palestiniens mené avec la complicité des états occidentaux, États-Unis en tête. En effet, dès avril 2024, des experts auprès du Conseil des droits de l’homme de l’ONU constatant la destruction systématique des universités, des écoles et établissements scolaires à Gaza, alertaient sur le « scolasticide » en cours.
En France l’École ne croule heureusement pas sous les bombes. Mais cela ne signifie pas qu’elle ne fait pas les frais de l’alignement total du président Macron et ses ministres sur l’escalade guerrière.
Ainsi, le 2 mars, à l’île Longue, le chef de l’État annonçait la fabrication d’ogives nucléaires et la construction de sous-marins stratégiques supplémentaires dans le cadre d’une nouvelle doctrine nucléaire, la « dissuasion avancée ».
Le cap est clair : priorité à la guerre et à l’économie de guerre ! Des milliards pour l’armement, mais pas un sou pour les besoins vitaux de la population, à commencer par la santé et l’éducation.
La première conséquence concrète, pour l’École publique, c’est bien entendu la suppression de près de 4 000 postes d’enseignement pour la rentrée 2026, une autre forme de destruction de l’École par la pénurie de moyens et l’asphyxie.
Mais, la marche à la guerre, c’est aussi une pression de plus en plus grande sur l’École pour la transformer en lieu d’embrigadement de la jeunesse, au service de l’armée.
Après les 1 200 classes défense et sécurité globale, dont les crédits sont « sanctuarisés » alors qu’ils sont retirés à l’instruction, et dont le gouvernement veut doubler le nombre « à court terme », après le guide pour « acculturer les jeunes à la défense », après l’alignement du calendrier du service national volontaire sur celui de Parcoursup, il est désormais question de présenter à l’Assemblée nationale le 26 mars une proposition de loi visant à renforcer l’enseignement à la défense dans les collèges et les lycées.
Au plan international, comme au plan national, les peuples et les travailleurs refusent la logique de la barbarie, comme le montrent, depuis le 28 février, les nombreuses mobilisations aux États-Unis et à travers le monde contre la guerre en Iran et au Liban, ainsi que les nombreuses déclarations d’organisations ouvrières, dont de nombreux syndicats (au Royaume-Uni, en France, en Belgique, en Afrique du Sud…), appelant à l’arrêt des bombardements.
Cette situation confirme l’urgence à préparer à tous les niveaux le meeting international contre la guerre qui se réunira à Londres le 20 juin, ainsi que les meetings qui se tiendront à Nantes (le 1er avril), Lyon (le 2 avril) et Paris (le 3 avril) avec John Rees (cofondateur de la coalition britannique Stop The War) et Alex Gordon (ancien responsable du syndicat des cheminots, le RMT).
Au plan national, les personnels de l’Éducation nationale n’acceptent pas le budget de guerre et d’austérité qui accélère la casse de l’École. Depuis le mois de janvier, ils s’organisent, ils multiplient les mobilisations et cherchent les moyens de l’action efficace pour bloquer les suppressions de postes, les fermetures de classes, obtenir les heures, les postes, les classes dont ils ont besoin et gagner sur leurs revendications.
Le SNFOLC est à leurs côtés, avec la FNEC FP-FO, pour aider le mouvement en cours à s’étendre, à s’amplifier, en appuyant toutes les initiatives permettant de regrouper largement les personnels, les parents, les jeunes, les établissements, sur le terrain de la grève et du blocage pour imposer les revendications.
